Les fausses idées sur l'hypnose
- 1 - L'hypnose sert à retrouver uniquement des évènements du passé
- 2 - L'hypnose est un sommeil
- 3 - Il arrive qu'en état hypnotique l'on puisse ne pas se réveiller
- 4 - Le sujet est sous la domination de l'hypnothérapeute et il peut lui faire faire n'importe quoi
- 5 - Même quand le sujet ne voit plus l'hypnothérapeute, il continue à lui obéir et il continue à être dépendant de lui
- 6 - Il faut être particulièrement influençable et fragile pour entrer en état hypnotique
- 7 - Les souvenirs retrouvés en état d'hypnose sont toujours vrais
- Conclusions
Ce chapitre s'adresse plus particulièrement à ceux qui auraient bien aimé bénéficier des bienfaits de l'hypnose mais qui, par crainte de ce qui peut arriver en état hypnotique et des croyances véhiculées par une certaine forme d'hypnose de spectacle qui fait beaucoup de tort à l’apport thérapeutique de l'hypnose, n'osent pas entamer un traitement hypnotique.
De nombreuses idées quelque peu obscurantistes et moyenâgeuses entachent le travail très sérieux fait par des médecins et des psychologues. Voici quelques-unes unes de ces idées :
1 - L'hypnose sert à retrouver uniquement des évènements du passé
Faux - La plupart du temps, lorsque l'on pense au mot hypnose, le mot qui vient tout de suite à l'esprit est régression. En état hypnotique, le sujet va pouvoir, grâce aux suggestions qui lui sont faites, aller dans son passé, retrouver des souvenirs oubliés, aller aux sources de son mal-être actuel.
Ceci est dû à l'utilisation hypno-analytique de l'hypnose : exploration du passé et possibilités de retour du refoulé grâce à l'hypnose. De nombreux films ont montré cette utilisation de l'hypnose et c'est surtout celle-là qui est restée dans l'imagination du public. Cependant, la régression n'est qu'une utilisation de l'hypnose parmi tant d'autres. Il est possible, avec l'hypnose, de travailler sur le présent, de soigner une névrose traumatique, d'anticiper sur le futur pour que la personne s'imagine quelque temps plus tard sans le symptôme qui l'amène à consulter. L'hypnose thérapeutique n'est pas seulement là pour permettre au patient de retrouver des souvenirs enfouis mais aussi et surtout pour lui permettre d'envisager des solutions et d'ouvrir des portes auxquelles il ne pensait pas.
2 - L'hypnose est un sommeil
Faux - Cette idée fait encore partie des croyances ancestrales. Si vous tracez une ligne sur une feuille blanche et qu'à une extrémité, la gauche vous placiez la Veille et qu'à l'autre, la droite, vous placez le Sommeil, vous pourrez situer l'état hypnotique quelque part entre les deux extrémités, selon la profondeur de cet état : léger, moyen, profond.
Il est même important que la partie Consciente de l'esprit de la personne qui consulte soit toujours quelque peu vigile car cela permet au fil du temps, de trouver un accord entre la partie Consciente et la partie Inconsciente.
3 - Il arrive qu'en état hypnotique l'on puisse ne pas se réveiller
Faux - L'hypnose n'étant pas un sommeil, l'on ne dort pas et si l'on ne dort pas, il n'est pas question de s'éveiller. Cette croyance vient de l'ancienne pratique de l'hypnose qui consistait à dire : "Dormez, je le veux et. et maintenant Réveillez-vous ." L'hypnose actuelle utilise un langage qui n'a plus rien à voir avec le côté dictatorial et autoritaire utilisé jadis. De nos jours, l'hypnotiseur va plutôt utiliser les mots confort, relaxation, détente, bien-être, etc... pour décrire l'état dans lequel se trouve le sujet.
4 - Le sujet est sous la domination de l'hypnothérapeute et il peut lui faire faire n'importe quoi
Faux - Cette image est hélas donnée par l'hypnotiseur de spectacle qui, pour frapper l'esprit des spectateurs, va demander aux sujets volontaires de se livrer à des actes grotesques et ridicules. Ici nous sommes dans le monde du spectacle, celui des illusionnistes, des tours de magie, du sensationnel. Si nous faisons une comparaison, dans les foires il existe parfois " La femme la plus grosse du monde " mais dans la vie de tous les jours, rencontrons-nous la femme la plus grosse du monde ? Certes non. Et bien, l'utilisation thérapeutique de l'hypnose ne permet pas cette ridiculisation de la personne mais oeuvre dans le respect de la personne et de l'éthique.
5 - Même quand le sujet ne voit plus l'hypnothérapeute, il continue à lui obéir et il continue à être dépendant de lui
Faux - Cette idée me fait penser à certains films fantastiques où l'on met un implant dans le cerveau d'un sujet pour qu'il agisse selon les données enregistrées de cet implant.
Actuellement l'on ne parle plus de mettre quelqu'un SOUS HYPNOSE mais en ETAT D'HYPNOSE. Il s'agit simplement de lui permettre l'accès à un état de conscience différent de l'état ordinaire afin d'utiliser les ressources de son Inconscient.
En ce qui me concerne, lorsqu'un patient fait une séance unique pour cesser de fumer, je ne le revois plus. Par contre, j'en entends parler par d'autres patients envoyés par lui.
Partant de cette idée que dire alors d'autres pratiques thérapeutiques telles que psychanalyse, gestalt, analyse transactionnelle, PNL ou sophrologie qui sont des pratiques SANS HYPNOSE ?
6 - Il faut être particulièrement influençable et fragile pour entrer en état hypnotique
Faux - Ce qui est constaté dans la pratique c'est que pratiquement chaque personne peut entrer en état hypnotique, à quelques exceptions près, mais que pour bénéficier de cet état de conscience différent de l'ordinaire, le sujet doit avoir au moins un niveau moyen d'intelligence, une vie fantasmatique plutôt riche et une bonne capacité d'imagination.
7 - Les souvenirs retrouvés en état d'hypnose sont toujours vrais
Faux - Lorsque les souvenirs réels sont insuffisants, le sujet peut, l'aide de son imaginaire, se construire de faux souvenirs. C'est ainsi que certains hypnothérapeute peuvent par leurs croyances influencer, sans le savoir, le sujet. Ce que l'on sait aujourd’hui, c'est que le cerveau a la possibilité de modifier nos souvenirs et qu'il peut y avoir une fausse remémoration.
Conclusions
Ceux qui ont arrêté de fumer avec l'aide de l'hypnose savent combien tous les inconvénients du sevrage peuvent être moins importants que lorsque l'on arrête seul et surtout qu'il est plus facile de gérer la période délicate qui suit l'arrêt de tabac, surtout les premières semaines.
L'hypnose va permettre d'utiliser, dans la partie Inconsciente du cerveau, la formidable puissance qu'est le désir de Vie. Elle va aider Eros à triompher de Thanatos. Car en effet, si l'on veut s'arrêter de fumer, c'est bien parce que l'on réalise que l'on est dépendant et que cette dépendance semble aliéner la vie quotidienne : la toux, la respiration moins facile, le goût qui est dénaturé, l'odeur du tabac, surtout lorsque cette odeur est celle du tabac froid, le bout des doigts jauni, les dents également. C'est peut-être aussi une prise de conscience, celle de la vulnérabilité, de la fragilité de la vie et du danger à s'exposer à la maladie en fumant. La mention : " nuit gravement à la santé " sur les paquets de cigarettes vient sans cesse rappeler que l'on joue avec sa vie, et qu'à ce jeu là on ne peut que perdre. C'est comme si le fumeur se disait à chaque bouffée : "cette fois-ci je vais passer entre les gouttes d'eau de la mort «, une sorte de roulette russe qui permet de se croire un peu plus invincible à chaque cigarette fumée.
Les campagnes anti-tabac, le modèle d'une vie saine et naturelle amènent quand même de plus en plus de fumeurs à vouloir se débarrasser de la cigarette. Il fut un temps où fumer était une sorte d'accompagnement de la vie en société mais actuellement le fait de trouver de plus en plus de lieux publics avec un côté fumeur et un côté non fumeur amène à changer la mentalité des gens. Etre non-fumeur suppose un meilleur équilibre psychique et une meilleure hygiène de vie et cela est maintenant valorisé en société.
L'hypnose va permettre au futur non-fumeur d'apprendre à gérer son stress sans cigarette, à se relaxer et à trouver puis à renforcer les motivations pour cesser de fumer. Alors pourquoi se priver de cette méthode aussi vieille que l'aube du monde et aussi moderne que les nouvelles communications ?




