Le compagnon thérapeute
Harold Searles
Le patient thérapeute de son analyste
L'idée de Searles est que : le patient veut soigner son médecin autant que recevoir des soins de lui. Son hypothèse est que depuis sa naissance, l'enfant mû par des forces puissantes, va vers ses semblables. Il y aurait, selon lui, des tendances essentiellement psychothérapeutiques chez le petit d'homme. Le petit pourcentage de gens qui consacrent leur vie professionnelle à la psychothérapie ou à la psychologie ne serait que le reflet du du dévouement thérapeutique que partageraient tous les être humains.
Searles ajoute : "selon moi, le patient est malade parce que, et dans la mesure où ses tendances thérapeutiques ont subi des vicissitudes telles qu'elles sont devenues excessivement intenses, qu'elles sont restées insatisfaites ou même non reconnues, et que par consséquent s'y sont mêlées des composantes particulièrement fortes de haine, d'envie et de compétition. Elles ont été refoulées (ou maintenues refoulées dès l'éveil de la conscience. En terme de transfert, la maladie du patient est l'expression d'une tentative inconsciente pour soigner le médecin.
Il reconnaît que tout symptôme névrotique ou psychotique est bien sûr multidéfinition, mais il va jusqu'à affirmer qu'il ne connaît pas de cause déterminante de maladie psychologique qui puisse se comparer, au plan de l'importance étiologique,, à celle-ci.
A 1ère vue, il admet qu'il y a quelque chose de forcé, d'artificiel, dans l'idée de considérer que même un nourrisson a des intentions thérapeutiques et qu'i serait plus recevable de penser à l'amour des être humains les uns envers les autres.
Son but : démontrer que + le patient est malade, + il est nécessaire, pour que le traitement réussisse, que le patient devienne, et soit implicitement reconnu, comme étant devenu, un thérapeute pour son thérapeute officiel.
L'effort thérapeutique du patient pour permettre à la mère de devenir vraiment une mère.
La symbiose saine mère-nourrisson, qui dans des conditions normales, constitue la base de l'individuation ultérieure, dans des circonstances tragiques fait que l'individu ne devient pas un individu vraiment humain : il devient plutôt ce qu'on pourrait appeler UN THERAPEUTE-SYMBIOTIQUE. L'intégrité de son moi est sacrifiée, de manière continue et avec un véritable dévouement altruiste, à la nécessité de compléter-le moi incomplet de la personne maternante et de celles, qui par la suite, auront dans son inconscient la même signification affective de mères incomplètes dont le fonctionnement du moi exige que l'enfant fasse constamment partie d'elles.
Mon expérience des schizophrènes et celle dont m'ont fait part des collègues m'ont appris cette chose : le fait d'avoir des rêves nocturnes ou des fantasmes diurnes dans lesquels le patient est perçu comme quelqu'un qui fonctionne d'une manière normale et saine - alors que dans la réalité, il est encore très malade - constitue un critère important du succès du traitement.
A une patiente schizophrène et confuse, après des années d'analyse, au bout milieu d'une séance, Searles dit «: ce que vous me dites est un charabia, ou quelque chose d’approchant. Il est certain qu'il y a un rapport entre le fait que j'aie dit cela et les choses importantes qu'elle ait fini par dire à la fin de la séance. 3semaines auparavant, il lui a dit sans ménagement : "vous êtes une imbécile! Vous êtes en train de passer votre vie ici chez les fous, à débiter des inepties et, pendant ce temps, votre vie s'en va." (Moi je me demande si indirectement la patiente ne lui fait pas prendre conscience de sa vie telle qu'elle est : des heures consacrées à sa vie professionnelle et , pendant ce temps, sa vie A LUI s'en va.)
Phase symbiotique patient-thérapeute
Je verrais dans la phase de symbiose thérapeutique une phase où les symptômes du patient sont en quelque sorte devenus des objets transitionnels pour le patient et le thérapeute simultanément, ce qui peut être permettra de mieux comprendre la nature du processus thérapeutique.
En 1960, dans son livre "l'environnement non humain" H.Searles écrit : "pour atteindre les niveaux les plus profonds de l'interaction thérapeutique, le patient et le thérapeute doivent tous deux vivres une rupture temporaire des limites du moi qui sépare chaque participant de l'autre. Dans cette situation , il se produit. Une introjection temporaire , par l'analyste , des conflits pathogènes du patient, le thérapeute traite ainsi ces conflits aussi bien à un niveau intra psychique inconscient qu'à un niveau conscient , en y apportant les capacités de son propre moi , relativement fort. Le patient tire alors profit, aussi par introjection, de ce travail thérapeutique intra psychique qui s'est accompli chez le thérapeute.
Coleman et Nelson ont décrit une technique , utilisée avec des patients borderline , et intitulée "extériorisation de l'introject toxique" ici le thérapeute assume consciemment le rôle du patient traumatisant et prend son identité. Les affects peuvent être joués ou spontanés.
H.Searles :"je ne peux pas croire que le thérapeute ou l'analyste puisse mettre de côté ses sentiments réels et fonctionner encor efficacement avec le patient.
Il est important pour l'analyste de ne pas essayer de battre le patient à son propre jeu.
C'est une folie de se battre avec les armes choisies par le patient, car, pour apprendre à les manier , il y a consacré toute une vie.
Ma sud Khan
A propos de l'omnipotence symbolique
Il faut , par contre, que les analystes comprennent que le bon fonctionnement du triangle thérapeutique relève du talent ou de la capacité de patient à metaphoriser sa maladie dans les termes de notre logique symbolique et de notre répertoire de conduite et de pensée.
Dans le cadre thérapeutique , le plus important est la découverte en commun d'un langage plus symbolique , plus étendu et plus riche que l'effort et la tradition de chacun d'eux plus que la compréhension de la maladie.
MK : "je suis pour ma part convaincu que la recherche psychanalytique , tant pour la formation de la personnalité humaine que pour le traitement clinique des malades, se développe de façon directement proportionnelle à la capacité qu'au psychanalyste d'absorber et d'assimiler tout ce qui lui advient dans ce qu'on appelle son CT à l'égard de ses patients. Le développement de la thèse et de la technique psychanalytique dépend intrinsèquement dans la maladie de la double capacité qu'à l'analyste de s'impliquer et assidu de s'en distancer (p 174).
Ma sud Khan expose en détail les demandes faites au CT au sein de la situation analytique par les besoins transférentiels de la patiente.
Hof fer (1956) a appelé ce CT l'humanité de l'analyste
Ella Sharê : alors que notre tâche consiste avant tout à nous occuper de l'Inconscient du patient, je trouver personnellement que l'enrichissement de mon propre moi au travers des expéreinces des autres n'est pas une satisfaction négligeable.
Searles : l'effort pour rendre l'autre fou
Searles a envisagé ceci : l'un des dangers auxquels nous sommes exposés quand nous pénètrons dans cette aire de travail clinique c'est la précarité de notre Savoir.
L'expérience du Soi est reliée au Moi corps.
Offrir du holding - fournir un soutien psychique et affectif pour effectuer certaines expériences de vécu.
MK : (p371) "je suis persuadé que dans tout travail thérapeutique accompli avec leurs patients, psychothérapeutes et analystes doivent assurer de leur côté 2 types de relation : L’une recouverte par le travail interprétatif qui aide le patient à mieux connaître ses conflits internes et par-là à les résoudre, l'autre plus difficile à définir serait plutôt de la nature d'une garantie protectrice qui permettrait de faire l'expérience du Soi au patient au sein de la situation analytique.
L'astuce dans tout travail thérapeutique, c'est d'arriver à établir un juste équilibre entre ces 2 types de fonctions.
MK : "parfois dans notre travail clinique, il est plus important de maintenir quelqu'un en vie que de le débarrasser de sa maladie.
Winnicott (1967) l'absence de maladie psychonévrotique , c'est peut-être la santé mais ce n'est pas la vie."
Gilles Deleze (in Nietzsche aujourd'hui) "il y a un moment où il ne s'agit pas de d'interpréter, traduire en fantasmes, en signifiés , en signifiants , non ce n'est pas cela . Il y a un moment où il faudra bien partager , il faut se mettre dans le coup avec le malade, il faut y aller , il faut partager son état.-
S’agit il d'une espèce de symbolique ou d'empathie ou d'identification? Quand même , c'est sûrement plus compliqué - ce que nous sentons , c'est plutôt la nécessité d'une relation qui ne serait ni légère , ni contractuelle , ni institutionnelle."
P 397- répondre dans le CT au besoin des patients d'être vivant hors des limites des relations institutionnelles ou contractuelles.
Partage mais aussi respect.
Jay Haley in tacticiens du pouvoir
Un chercheur anonyme a consacré plusieurs années à l'étude de la psychanalyse - 3 volumes -intitulés "l'art de la psychanalyse" à l'université de Yeovil le (p 20)
La position haute est un concept relatif à définir et à redéfinir continuellement au fil d'une relation. Les manœuvres destinées à bien tenir la position haute peuvent être évidentes ou au contraire très subtiles.
"Selon les recherches de l'université de Yeovil le, la psychanalyse est un processus psychodynamique à 2 ,où le patient tient absolument à ce que son analyste soit en position haute tout en s'efforçant passionnément de le mettre en position basse. De son côté , l'analyste tient foncièrement à ce que son patient reste en position basse pour pouvoir lui enseigner l'accès à la position haute _le but ultime de la cure est la séparation des 2 protagonistes à l'amiable."
...l'arme majeure de l'analyste est indubitablement l'usage du silence- cette arme appartient à la classe des des coups dits :"Je suis impuissant ou je refuse de me battre.
Le coup de l'inconscient:
"Je me demande si cela est vraiment ce que vous ressentez . L'emploi du vraiment est de règle en pratique psychanalytique- installation du doute - n'importe qui est ébranlé et rejoint la position basse. ' p 23)
Dans le cas du système Rogérien , le thérapeute répète constamment ce que vient de dire le patient technique gagnante à tous les coups. Personne ne peut coincer celui qui répète ses propos immédiats automatiquement.
Beaucoup d'analyste orthodoxes considèrent les coups rogériens comme trop simples et surtout comme peu honnêtesss. De tels coups ne lésent aucune chance au patient. L'éthique psychanalytique exige qu'un e chance au moins soit laissée au patient.
Fin de la cure : par habitude , le patient cherche à prendre la position haute , l'analyste le maintient en bas mais cette fois ci le patient garde son calme. Il lui est totalement égal de savoir qui des 2 domine la situation.




